Forme(s) de vie

Pièce danse & vidéo (2020)

Forme(s) de vie (2020), pièce au croisement de la performance chorégraphique, de l’installation vidéo et sonore, ouvrira un espace vital : un espace où la danse, en tant qu’expérience vécue, entrera en résonance avec les récits que nos sociétés technoscientifiques formulent, aujourd’hui, autour de la problématique de la fin de vie. Forme(s) de vie partagera, avec les publics des lieux dédiés à l’art et au spectacle vivant, le résultat d’une expérimentation chorégraphique au long court menée à l’hôpital et en centre de soins palliatifs, associant des patients, des danseurs et des exosquelettes.

A l’heure où les progrès de la technoscience modifient les représentations de l’humain et s’accompagnent de la production de nouvelles idéologies (trans- et post- humanistes), la problématique dite de la « fin de vie » demeure reléguée aux marges de nos sociétés individualistes, ultra-compétitives et hygiénistes.

Le sociologue Norbert Elias (« La solitude des mourants », éd. Agora) a souligné que la question de la mort demeure, par inversion, notre dernier tabou : nudité et sexualité étaient obscènes, la mort était naturelle ; nudité et sexualité sont devenues naturelles, ce qui est lié à la mort est devenu obscène (ob- et sceana, ce qui fait obstacle à la représentation). Ce déni, comme l’a souligné Elias, place les individus pour lesquels ce risque est déclaré dans une situation d’exclusion progressive. Des vivants, parmi nous, glissent dans un étrange espace symbolique qui se situerait, en quelque sorte, entre la vie et la mort.

La danse devra nous permettre de réaffirmer, ensemble, notre espace relationnel et vital : un espace d’existence (du latin exsistere, « sortir de », « se manifester, se montrer » et stare, « être debout », « être stable ».)

Une recherche chorégraphique autour de la notion de « corps augmenté »

Suite à la série d’ateliers délivrés au centre de soins palliatifs La Maison à Gardanne (13) qui a donné naissance à ce projet de création artistique, nous souhaitons approfondir un travail de danse-contact interrogeant et déplaçant la notion de « corps augmenté ». Ce travail vise à permettre aux danseurs d’intervenir telles des prothèses, palliant les insuffisances musculaires et motrices des patients.

En lien avec les équipes de soins partenaires et des experts en exosquelettes (cf. partenariats, p.4), nous croiserons nos technicités propres à la danse contemporaines avec les savoir faires en rééducation psychomotrice et prothésique. Les prothèses que nous utiliserons, appliquées aux corps des danseurs et des patients volontaires, sont essentiellement dédiés à la marche et aux gestes usuels de la vie quotidienne. La complémentarité qui sera recherchée, cette fois entre les corps des danseurs et ceux des patients, sera quant à elle dédié à la danse.

Cette recherche en mobilité sera dédiée, dans la lignée de notre précédente création L’Âge d’or (film & performance, Prix Audi Talents 2017) qui associait des enfants atteints de troubles moteurs et des danseurs, à la création de « danses spécifiques » adaptées aux capacités et à la personnalité de chacun.

Une œuvre au croisement de la performance chorégraphique, de l’installation vidéo et sonore

A l’issue de la phase de recherche (ateliers ouverts aux patients des lieux de soins partenaires, cf. p.4), la phase de création se poursuivra avec les résidents volontaires.

Nous conduirons, en plus des ateliers chorégraphiques, des séries d’interviews : d’une part, avec des spécialistes (biologiste, neuros-scientifique, philosophe du « care », expert des courants trans- et post- humanistes...) invités à formuler leur définition de la vie humaine ; d’autre part, avec les patients qui rendront compte de leurs expériences subjectives liées à la danse et à l’espace traversé en création. Nous mènerons une réflexion particulière quant à l’articulation de ces matériaux qui mettront en regard l’ordre du discours scientifique et celui du geste, de l’expérience vécue, de la subjectivation que permet sa formulation par le mouvement et la parole.

Agençant performances chorégraphiques et matériaux documentaires vidéo et sonores, Forme(s) de vie vise à partager, avec les publics des lieux d’art et de spec- tacle vivant, un nouvel espace vital : un espace où la danse, en temps qu’expérience vécue collective, entrera en résonance avec les représentations et utopies du vivant à l’ère technoscientifique.

Equipe artistique

• Conception et chorégraphie : Eric Minh Cuong Castaing • Dramaturge et journaliste / aide à la conception : Marine Relin- ger • Danseurs.ses : Jeanne Colin, Yoshiko Kinoshita, Aloun Marchal, Eric Minh Cuong Castaing, Nans Pierson • Chef opérateur vidéo : Victor Zébo • Dispositif vidéo : Alexandre Bouvier • Monteur : François Duverger

Partenariats

• Structures de soins (lieux d’intervention) : Centre de soins palliatifs La Maison de Gardanne (13), Hôpital Ste Marguerite APHM Marseille, Hôpital Bretonneaux APHP Paris (en discussion).

• Partenariat de compétence art/science - santé lié aux exosquelettes (en discussion) : centre de référence de l’hôpital Renée Sabran à Lyon ; start-up Indi Ingénierie et design (Mexique/Marseille).

Coproduction et soutiens

Le Festival de Marseille, le Ballet National de Marseille, Vooruit Gant, le Carreau du Temple à Paris, Tanzhaus NRW Düsseldorf (en discussion), Charleroi Danse (en discussion).

Indi Ingénierie et design

Planning prévisionnel

• Première : Juin 2020 Festival de Marseille

 
 

 

Infante

Pièce chorégraphique (2020/2021)

Phoenix

Pièce chorégraphique (2018)